Soutien scolaire avec Complétude
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Quand l’école est de sortie... (mai 2006 ) Imprimer
 

Les enfants rentrent ravis !

Feuillets d’information à lire, formulaires d’autorisation à signer, listes de papiers à se procurer, inventaires de certificats à fournir, demandes de paniers pique-nique à prévoir… fleurissent en ce moment, tels les bourgeons printaniers, au fond du cartable des enfants. En effet, tous les ans, à la même époque, dans les maternelles et écoles élémentaires, le retour des beaux jours coïncide avec l’éclosion de moult excursions, visites, activités de plein air et autres sorties: 76 % des voyages scolaires ont lieu entre mars et juin, avec une nette prédilection pour le mois de mai; ils concernent en moyenne 1/4 des écoliers (1).

Si les enfants sont contents et dévorent à belles dents cet avant-goût de vacances, leurs parents semblent moins enthousiastes et s’interrogent. L’école n’est-elle pas sensée faire travailler dans des cadres stricts? Pourquoi autant de formalités compliquées? Comment justifier que toutes les classes ne partent pas? Où est l’intérêt de «traîner » des gamins de 6 ou 7 ans à la centrale de retraitement des déchets du coin ou sur la route des vins d’Alsace ? En retirent-ils réellement quelque chose sinon une excitation (stérile), une fatigue (inutile), un retard (préjudiciable) sur l’avancée du programme scolaire? Les enseignants n’en profitent-ils pas pour «se la couler douce»? Cette dernière question, qui sonne souvent comme un perfide reproche, a franchement le don d’irriter ces derniers. Car ils se donnent vraiment beaucoup de mal pour trouver des arguments convaincants, des idées intelligentes, des accompagnateurs dévoués, des moyens de locomotion, des financements…

Le sujet se révèle délicat, surtout lorsqu’il pose des problèmes d’organisation et de règlement, sans oublier celui, fort sensible, de la sécurité. C’est le thème de la circulaire n° 99-136 du 21 septembre 1999 (2) qui définit les conditions des sorties scolaires, leur nature, leurs modalités, les mesures à prendre en matière de transport, d’encadrement, d’assurance.
Donc, pour comprendre les points essentiels et mieux en saisir les enjeux, un petit détour par le « chemin des écoliers » s’impose. Attention : sentier sinueux en perspective…

Étape 1 : les sorties, qu’est-ce que c’est ?

Les sorties scolaires correspondent à divers types de «déplacements » à l’extérieur de l’école. D’où 3 catégories à différencier:

- «Les sorties scolaires régulières» sont incluses dans les enseignements obligatoires (sauf contre-indication médicale) et l’emploi du temps. Elles respectent les heures de début et de fin des cours ainsi que la pause déjeuner. Il s’agit par exemple de l’éducation physique et sportive (piscine, gymnase, stade), d’un passage à la bibliothèque municipale, d’une séance de cinéma…

- « Les sorties scolaires occasionnelles sans nuitée» permettent aux élèves de pratiquer des occupations différentes pendant un ou plusieurs jours (avec retour systématique à la maison après la classe), comme une randonnée en montagne, une promenade en forêt, un spectacle dans la ville voisine, un échange d’une journée dans les pays étrangers frontaliers, la visite d’une usine… Facultatives quand elles débordent sur le planning normal ou modifient les horaires habituels, elles ne sont obligatoires que si elles s’inscrivent dans le temps scolaire.

- «Les sorties scolaires avec nuitée(s)» désignent à présent les anciennes classes de découverte, vertes, artistiques, culturelles, de mer… Entièrement facultatives, elles offrent d’autres lieux, d’autres perspectives d’apprentissage séjours linguistiques avec hébergement dans des familles d’accueil, voyages collectifs autour d’un thème, d’un loisir ou d’un sport, stage de voile ou de théâtre, participation à un festival, réalisation d’un reportage... Dans 55 % des cas (1), les enfants passent en moyenne une à quatre nuits en dehors de chez eux.

Étape 2 : pourquoi faire des sorties ?

Les sorties scolaires doivent posséder une réelle valeur éducative puisqu’elles «viennent nécessairement en appui des programmes (…), s’intègrent au projet d’école et au projet pédagogique de la classe. Chaque sortie, quelle qu’en soit la durée, nourrit un projet d’apprentissage, souvent pluridisciplinaire, au travers d’un programme minutieusement préparé».

Ainsi, a priori, pas d’expéditions «improvisées » à la plage, au parc d’attractions, juste pour passer le temps, patienter jusqu’aux congés, profiter du soleil. L’enseignant a l’obligation de présenter une raison valable et de justifier son choix lorsqu’il fait sa demande auprès de l’administration. Les élèves sont supposés produire un travail inspiré de la sortie. À l’occasion d’une journée au zoo, les petits de maternelle peuvent cocher un questionnaire imagé sur le parcours ou dessiner les animaux observés tandis que les plus grands réaliseront ultérieurement un compte rendu ou une mini exposition. Ces traces prouvent la réalité d’un «enrichissement de la vie d’écolier».

Et d’ordinaire les sorties remplissent ce rôle en proposant aux enfants des activités nouvelles. Pour quelques-uns d’ailleurs, dont les parents ont peu de moyens ou ne montrent aucun intérêt pour ces choses, elles restent la seule opportunité d’aller au musée pour s’initier à l’art, de faire du poney, de mettre les pieds au théâtre, de sortir du giron sur-protecteur de maman… D’où une indéniable, bien que trop marginale encore, fonction «égalitariste » de rééquilibrage des différences économiques, de réduction des clivages socioculturels.

De plus, les enfants développent leur sens de l’autonomie, mènent des expériences, s’expriment plus ouvertement. Ils laissent éclater leur personnalité. Les maîtres et les maîtresses se rendent compte que telle forte tête en cours se révèle timide au quotidien, que tel élève modèle ne sait pas se tenir dans un bus, que telle solitaire possède des dons de meneuse… Tout le monde apprend beaucoup pendant les voyages scolaires qui délivrent de belles leçons sur les caractères, les affinités, les capacités de chacun. En dehors de la classe, les jeunes appréhendent une autre forme de sociabilité, entretiennent d’autres rapports avec les adultes, fréquentent d’autres univers. Quand ils sortent, ils ont des alternatives, vivent l’école dans un contexte neuf, prennent conscience des réalités. Ils vont sur le terrain, se frottent au concret: les citadins se familiarisent avec la campagne, les sédentaires bougent davantage, les petits Français se heurtent aux us et coutumes étrangères… Ils s’approprient une partie de leur apprentissage en agissant, en participant, en intervenant. Ils grandissent, tout simplement.

Étape 3 : qu’en « ressort-il » pour les parents ?

Une sévère inquiétude évidemment! Rien de bien étonnant, sachant que les parents envisagent toujours le pire: une nourriture immangeable, un accident d’autobus, une chute dans un ravin, une noyade, un déséquilibré caché parmi le personnel du centre d’hébergement… la liste des peurs est infinie. S’y ajoutent les réticences liées aux principes en matière d’éducation, aux pratiques religieuses, à l’argent… Mieux vaut prendre du recul ici. Pas d’affolement, pas de mauvaise foi, pas de sectarisme!

D’abord les familles ont leur mot à dire quant au contenu pédagogique, au déroulement, au tarif. Qu’elles lisent avec attention la lettre d’information. Qu’elles aillent au(x) réunion(s). Qu’elles sachent que «toutes les sorties obligatoires sont gratuites» et que «(…) en aucun cas, un élève ne peut être écarté pour des raisons financières ». Qu’elles gardent encore l’esprit ouvert: visiter un lieu de culte n’implique aucun prosélytisme, des nus sculptés de Maillol ne sont pas des œuvres pornographiques… Lorsqu’une discussion avec la direction ou une médiation par le biais de l’association de parents d’élèves ne résout pas un éventuel désaccord, il convient d’en référer à l’inspection académique.

Ensuite, les procédures et règlements relatifs à la sécurité ont été renforcés: «Quels que soient le type de sortie scolaire et les effectifs de la classe, les élèves sont toujours encadrés par deux adultes au moins, dont le maître de classe», les transporteurs doivent être agréés, les inspecteurs d’académie multiplient les contrôles des structures d’accueil, les assurances (civile et individuelle) sont incontournables.

Enfin, sensibilisés par une tragédie encore dans les mémoires (catastrophe du Drac en décembre 1995 – 6 élèves et un adulte emportés par une brutale montée des eaux), les enseignants redoublent de prudence, préférant même tout annuler au moindre doute. Globalement, la surveillance tend à devenir «rapprochée». En outre, le risque zéro n’existe pas: les enfants courent trois fois plus de dangers chez eux qu’à l’extérieur.

Malgré tout, aussi sympathiques soient-ils, les excursions ou voyages dérangent les parents (et stressent les maîtresses), au propre comme au figuré: il faut s’arranger pour amener les enfants puis les récupérer devant l’école à des heures inhabituelles, il faut penser à signaler que l’aîné ne doit pas boire de lait tandis que sa sœur cadette prend un médicament tous les soirs, il faut éventuellement trouver une excuse pour ne pas être désigné accompagnateur, il faut débourser des sommes conséquentes, il faut faire admettre au petit frère de CP que seuls les grands de CE2 vont au cinéma aujourd’hui…

Néanmoins, la majorité des parents, soucieux que leur progéniture s’intègre, préfèrent ronger leur frein et disent oui aux sorties. Tant pis si le thème de la promenade leur paraît stupide ou s’ils trouvent injuste qu’une partie des élèves ne parte pas. Ils supervisent les démarches, se serrent la ceinture, lancent des opérations de vente de pâtisseries pour que toute la classe puisse participer… Effectivement, les couloirs des maternelles et cours élémentaires se remplissent de fortes effluves de solidarité à la veille de l’été.

D’une certaine façon, les sorties « ramènent » vers l’école. Grâce à elles, les enfants réinvestissent leur salle de classe avec un œil neuf et leurs parents pénètrent davantage dans les établissements scolaires: autant en tirer parti. Allez, sortez tous, vous ne reviendrez que plus vite et heureux!
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(1) Enquête 2001-2002 sur les sorties scolaires avec nuitées, réalisée pour le Ministère de l’Éducation nationale. (2) Les passages cités entre guillemets dans la suite de l’article sont extraits de cette circulaire.

La lettre d’informations aux parents pour les sorties facultatives contient nécessairement les rubriques suivantes :

- date et horaires de la sortie
- heure de départ et heure de retour à l’école.
- lieu de la sortie
- mode de transport utilisé
- activité ou visite prévue
- composition de l’équipe d’encadrement
- montant et raison (repas, hébergement, transport) de la participation financière
- vérification que l’élève est assuré (assurance responsabilité civile et individuelle accident)
- autorisation à signer par le tuteur légal.

En partenariat avec lalettredesparents.com 



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