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Les devoirs des écoliers et de leurs parents (décembre 2006 ) Imprimer
 

Vous n’avez certainement pas échappé à la polémique sur les devoirs pendant les réunions de parents d'élèves ou lors des discussions devant la porte de l'école. Quoi que l'instituteur fasse, les critiques fusent de partout: il donne trop de devoirs, il n'en donne pas assez, c'est trop simple, c'est trop compliqué… « De toute façon, les devoirs sont interdits! » finit par asséner un parent plus audacieux que les autres. Interdits? Mais alors pourquoi les enseignants continuent-ils à en donner?

Devoirs : obligatoires ou facultatifs ?

Petit rappel: si les devoirs écrits sont interdits en primaire depuis 1958, il est tout à fait possible à une maîtresse de donner des leçons à apprendre. Vous ne pouvez donc pas vous insurger si le professeur de votre enfant donne des poésies, tables, cours d'histoire ou mots à mémoriser… Il arrive en revanche que les enseignants distribuent des exercices, des fiches de lecture (avec bien sûr le livre à lire avant), des dictées à préparer… ce qui alourdit notablement les journées. D'autres choisissent de donner davantage de devoirs le week-end pour alléger les soirées, au grand dam des parents qui préféreraient être tranquilles samedi et dimanche avec leur progéniture. Il est vrai qu’il suffit d’un rien pour que les devoirs tournent au cauchemar: un enfant au caractère difficile, des parents sur les nerfs, des problèmes scolaires…

L’enseignant considère souvent que les devoirs donnés doivent être terminés en un quart d’heure, une demi-heure maximum. Que faire toutefois si votre rejeton est lent et qu’il lui faut deux heures pour finir?

Certains instituteurs vous diront que vous n’avez qu’à arrêter au bout d’une demi-heure et tant pis si le travail n’est pas fait. Mais si l’exercice n’est pas effectué, si la leçon n'est pas sue, comment sera-t-il évalué? S’il a déjà des difficultés et s’il ne fait pas tous ses devoirs, ne risque-t-il pas d’accroître son retard? C’est pourquoi, à l’instar de beaucoup de parents, vous vous acharnez à boucler tous les devoirs.

S’il n’a pas préparé sa dictée, s’il n’a pas appris son poème, s’il n’a pas révisé sa leçon pour le contrôle… il aura forcément une mauvaise note. Les enseignants ont beau dire que ce n’est pas grave, pour votre enfant ça l’est!

En fin d’année, il sera jugé sur ses résultats et vous serez critiqué parce que vous n’êtes même pas capable de lui faire faire ses devoirs. De même, quand vous passez deux ou trois heures chaque soir à tenter de lui faire entrer dans la tête les deux strophes de sa poésie et les cinq lignes de sa leçon de géographie pour lire sur le bulletin: « N’apprend pas ses leçons », vous avez l’impression que tout ce que vous avez dit au maître lors de vos multiples rencontres n’a servi à rien. Il apprend mais ne mémorise pas: il serait bon que l’enseignant fasse la différence. Vous ne niez pas les difficultés de votre enfant. Vous aimeriez cependant ne pas être seul à lutter pour l’aider.

L’utilité des devoirs ?

Les devoirs sont achevés en quelques minutes par les bons élèves pour lesquels il ne s’agit que d’une formalité: ils ont compris, savent s’exprimer avec aisance, ont une bonne mémoire… Les quelques tâches demandées sont finies en peu de temps et avec facilité.

Ce n’est pas le cas des élèves qui ont du mal. Pour eux, les devoirs relèvent du calvaire car ils ont déjà des problèmes à l’école et cela continue à la maison! Or, c’est d’abord à eux que les devoirs s’adressent car ils peuvent leur permettre de rattraper leur retard, à condition quand même d’avoir quelqu’un à leurs côtés pour les encadrer. S’ils doivent travailler seuls, il n’y a aucune raison pour qu’ils s’en sortent mieux.

Pas question pour autant que vous vous transformiez chaque soir en instituteur et que vous repreniez tous les cours de la journée. Contentez-vous d’aider votre enfant à faire ses devoirs en lui révélant des petits trucs, lui rappelant une règle qu’il n’a pas retenue, lui lisant un texte qu’il n’a pas compris et, au besoin, lui donnant un petit exercice très simple qui lui rendra confiance.

Profitez des week-ends et des vacances pour le soutenir de manière plus approfondie en vous appuyant sur des ouvrages parascolaires tels que Double chouette français math des éditions Hatier ou Cahier du jour/Cahier du soir des éditions Magnard. Ces livrets rappellent les bases classe par classe et proposent des exercices accessibles à tous les élèves. Les devoirs ou les entraînements complémentaires ne seront de toute façon utiles que si les enfants y trouvent un avantage, c’est-à-dire s’ils les réussissent à la fin!

Comment aider votre enfant ?

Une chose est sûre: il ne sert à rien de passer des heures sur les devoirs si votre rejeton ne mémorise rien. Il y perdra sa patience et vous aussi. L'idéal est de trouver une solution pour que les devoirs ne virent ni au pugilat ni au drame.

S’il ne retient pas ses poésies :

Travaillez sur une seule strophe chaque soir, vers par vers.

Sollicitez également un délai un peu plus long auprès de l’enseignant (il n’interroge pas systématiquement tous les élèves à la fois!) ou négociez pour qu’il donne les poèmes avant le week-end, de façon à avoir 3 jours pour les apprendre.

S’il a des difficultés pour faire ses exercices :

Vérifiez qu’il comprend bien ce qui lui est demandé: faites-lui lire la consigne et veillez à ce qu’il vous l’explique. Parfois, il suffit d’un terme inconnu ou mal compris pour entraîner une erreur.

Faites-le travailler par paliers: « On commence par quoi? Ensuite on fait quoi? ». S’il doit classer du plus grand au plus petit (attention, pas le contraire), qu’il lise tous les chiffres puis fasse la différence entre les unités, les dizaines et les centaines. Si le problème est complexe, il faut repérer les éléments dont il a besoin pour obtenir un raisonnement logique qui pourra s’appliquer par la suite dans toutes les matières.

Assurez les bases: ne commencez jamais un exercice sans avoir relu la leçon. Travaillez avec un carnet sur lequel vous écrirez les règles principales à se rappeler avant et pendant l’exercice, mais aussi par la suite. Quelques semaines plus tard en effet, l’enseignant pourra estimer que ces règles sont acquises alors que votre enfant ne se souviendra même pas de les avoir étudiées: il suffira alors de lui faire relire le carnet.

S’il a des problèmes de concentration :

C’est peut-être qu’il est fatigué de sa journée. Laissez-le décompresser et surtout bouger avant de rentrer. Un petit tour au parc lui fera sans doute le plus grand bien. Évoquez d’autres sujets que sa journée de classe et ses devoirs: cela ne doit pas tourner à l’obsession! Après un bon goûter, il devrait être plus frais et prêt à retravailler un peu.

Ne le laissez pas se disperser pendant les devoirs: s’il a envie de parler d’autre chose, dites-lui que pour le moment vous vous concentrez sur les devoirs et que vous en discuterez ensuite.

S’il travaille lentement :

La lenteur peut avoir plusieurs causes:
- il est consciencieux et veut bien former ses lettres, souligner les titres… Dites-lui que c’est important mais qu’il doit aussi penser à travailler plus vite. Pour accélérer, il peut attendre d’avoir fini son devoir pour souligner, écrire plus souvent pour améliorer sa vitesse d’écriture… Il doit se concentrer plus sur le contenu que sur l’esthétique.
- la lassitude est souvent cause de lenteur. Des yeux dans le vague, une voix éteinte, un cerveau « dans la brume », l’impression qu’il est sur le point de s’endormir… peuvent vous alerter. Il a besoin d’une vraie motivation pour « s’y remettre ».

Il sera peut-être prêt à travailler plus vite si:
- vous lui proposez une activité qui lui plaît à condition qu’il termine ses devoirs dans un temps à définir selon la complexité de l’exercice,
- vous le faites travailler avec une pendule devant les yeux en lui imposant un délai,
- vous êtes présent pour le féliciter quand il avance ou trouve la solution,
- vous ne vous focalisez pas sur les devoirs et vous abordez des sujets variés (ses copains, ce que vous mangerez après, ce que vous ferez le week-end). Vous constaterez que ses yeux peuvent s’éclairer et qu’il peut être de plein de vie quand il pense à autre chose, alors qu’il semblait tellement fatigué deux minutes avant, quand il était sur ses devoirs,
- il a dormi suffisamment longtemps. N’oubliez pas qu’un enfant de cet âge a besoin de près de 10 heures de sommeil par nuit. Ce que vous pensez être de l’ennui est peut-être tout simplement de la fatigue bien réelle!

En partenariat avec lalettredesparents.com



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