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Troisième : ne ratez pas la marche de l’orientation ! (décembre 2006 ) Imprimer
 

Si votre enfant est entré en troisième en septembre, il peut presque se considérer comme un « grand ». En effet, cette dernière année de collègue coïncide aussi pour lui avec une première réflexion sur son avenir, sur ce qu’il fera « plus tard ».

Plus tard, c’est bien sûr le lycée et la classe de seconde mais surtout la vie adulte. Il doit par conséquent commencer à construire son projet professionnel dès maintenant. Car les échéances arriveront très vite, puisqu’il passera son premier examen, effectuera son premier stage en entreprise et se projettera dans le futur. C’est donc une année importante que la classe de troisième: celle de l’orientation!

Le brevet : une importance relative

D’ordinaire, quand un élève entre en troisième, ses parents et lui pensent d’abord au brevet, qui clôture l’année scolaire d’une part, la période du collège d’autre part. De plus, cet examen vous fait prendre conscience que votre enfant grandit. Voilà que votre bout de chou s’apprête à devenir lycéen et à passer un « vrai » diplôme national! Pour ce faire, il lui faudra avoir des résultats satisfaisants tout au long de l’année à cause du contrôle continu qui est pris en compte. Et même si les épreuves finales restent obligatoires, quelques points d’avance permettent d’envisager l’examen plus sereinement.

Pourtant, le brevet relève presque d’une simple formalité: environ 80 % des jeunes l’obtiennent. Autrement dit, à moins qu’il n’ait décroché (tant moralement que physiquement), votre enfant est quasiment assuré de l’avoir, dès lors que ses notes demeurent correctes dans la plupart des matières qui sont toutes affectées d’un coefficient 1, que ce soit les langues ou l’EPS. Sans oublier évidemment de bien s’appliquer dans les trois épreuves de l’examen : les mathématiques, le français et l’histoire-géographie.

Bien que requis pour accéder aux concours de la fonction publique, le brevet n’a aucune incidence sur la poursuite d’études. Ne pas le posséder, n’empêche pas d’entrer au lycée. De même, le posséder n’interdit pas de redoubler. Parce que c’est le conseil de classe qui décide de l’orientation et qu’il n’existe pas d’examen de passage entre la troisième et la seconde.

Un projet, ça se prépare

Ne vous étonnez pas que votre enfant soit déjà sollicité et encouragé à penser à son projet professionnel! Cela vous paraît précoce, d’autant que vous ne connaissez aucun élève de terminale capable de dire ce qu’il souhaite faire. Alors entamer le processus en troisième est plus que prématuré! Rassurez-vous, il ne s’agit pas de se déterminer dès la fin de l’année mais d’établir les bases d’une réflexion sur l’avenir.

À cet effet, le conseiller d’orientation-psychologue (COP) viendra dans les classes pour établir un premier contact et parler des différentes formations accessibles à l’issue de la troisième et audelà. Il est aussi possible de le rencontrer au CIO (de préférence sur rendez-vous). Le centre de documentations du collège regorge de brochures sur les divers métiers existants : conseillez à votre enfant de les consulter. Pour se choisir une voie sans se tromper, il doit recouper un maximum de données sur les professions et leurs réalités, sur les cursus qui y conduisent, sur leurs débouchés (qui recrute et dans quelles proportions?). N’hésitez pas à lui recommander les fiches métiers et filières parues dans La lettre des parents (également disponibles sur le site www.lalettredesparents.com pour nos abonnés Internet). Incitez votre rejeton à se pencher sérieusement sur la question car il aura besoin de temps pour faire le tri. Il serait dommage qu’il se précipite en fin d’année dans une spécialité ou une option sans être sûr de lui.

Très bientôt, il recevra une brochure ONISEP détaillant les parcours au lycée. Vous pourrez la lire tout à loisir et elle constituera un support pour vos futures discussions avec lui. En effet, ne vous reposez pas entièrement sur les professionnels censés aider les élèves au collège. Ils sont tellement peu nombreux qu’il vaut mieux commencer par une bonne réflexion personnelle en famille.

Prenez néanmoins rendez-vous au CIO pour obtenir des renseignements particuliers sur des voies spécifiques. N’attendez pas la veille du jour où il faut renvoyer le dossier d’orientation! Par ailleurs, votre enfant devra effectuer un stage en entreprise. Il ne s’agit pas de valider des choix puisque beaucoup d’élèves n’ont encore qu’une très vague idée de ce qu’ils veulent faire. En revanche, ceux dont le projet professionnel est déjà construit ont ainsi l’opportunité de se frotter au terrain et de voir si la réalité correspond à leurs attentes. Quoi qu’il en soit, ce stage vise surtout à permettre aux jeunes de mieux appréhender le monde du travail. Certes, il ne dure que quelques jours et les entreprises qui acceptent des collégiens le font plus par bonté d’âme que dans l’objectif de vraiment les faire travailler. Mais songez que votre enfant prendra conscience des contraintes qui sont celles d’un travailleur (donc les vôtres!) : horaires stricts, hiérarchie, tâches parfois rebutantes… Un exemple parmi d’autres: si votre fille rêve de devenir fleuriste pour faire de jolis bouquets, un passage chez un professionnel la familiarisera avec un métier où les journées passent aussi par la mise à l’eau des fleurs, le nettoyage des vases (eau croupie) et du sol (car on n’accueille pas les clients dans un magasin sale).

En outre, elle s’apercevra qu’elle ne pourra pas prendre ses pauses à sa guise, qu’elle devra rester debout dans l’humidité et toujours garder le sourire, que le client soit pénible ou qu’elle soit malade…

Une orientation en fin d’année

Seuls les élèves qui se dirigeront vers la voie professionnelle (CAP, BEP) choisissent « un métier » dès la troisième. Toutefois, même si votre enfant espère accéder au lycée, il ne doit pas repousser sa décision aux calendes grecques. Son projet de troisième ne peut pas s’arrêter à une réplique du style « Je passe en seconde et après je verrai ».

Creusez le sujet de son avenir avec lui. Ne croyez pas qu’il n’a aucune ambition, aucune aspiration. Souvent, les enfants n’osent pas parler à leurs parents de peur de les décevoir. Alimentez des discussions libres et ouvertes, sans vous focaliser sur une profession précise. Évoquez des secteurs, des fonctions, des activités, des cursus.

Sélectionnez ce qui semble lui plaire, l’intéresser. Puis voyez ensemble si ses capacités intellectuelles et scolaires sont en adéquation avec son projet. Aidez-le à garder les pieds sur terre et raisonnez-le au besoin. Qu’il n’espère pas devenir astronaute s’il a 3 de moyenne en maths ou qu’il ne s’imagine pas conseiller diplomatique s’il est nul en orthographe et en langues! De toute façon, il est quasiment certain que le métier auquel votre enfant se destine aujourd’hui n’aura que peu de rapport avec sa future profession. Le principal est de mûrir en essayant de se projeter dans le futur.

En règle générale, le choix « final » découle des résultats de l’élève. Ne vous inquiétez pas si votre enfant est brillant. Mais soyez attentif si ses notes sont basses et s’il a des difficultés. Il ne faut pas qu’il « subisse » son orientation, ce qui lui laisserait un goût amer. Poussez-le à se prendre en mains, quitte à ce qu’il relève son niveau. N’oubliez pas que les mauvais résultats sont dus moins à des problèmes de capacités qu’à un manque de travail. Une idée précise lui donnera un but et le motivera. Cette motivation pourra provoquer une remontée de ses moyennes dans les matières décisives. Même si ce sursaut ne suffit malheureusement pas toujours pour obtenir gain de cause, il remet parfois les jeunes sur les rails.

Vers une spécialisation

Toute la problématique de la troisième est de préparer l’adolescent à sortir du collège où l’enseignement est général et commun (à l’exception des disciplines facultatives qui comprennent la découverte professionnelle ou les langues anciennes) pour entrer dans un lycée où la spécialisation sera de plus en plus significative.

En effet, toutes les séries comportent une partie de spécialisation. Très marquée dans le cas des bacs technologiques, elle concerne également les séries générales déclinées en trois domaines: scientifique, économique ou littéraire. Mais « spécialisation » ne signifie pas que tout est joué: les bacs technologiques laissent des possibilités d’orientation, à condition de vouloir sortir des sentiers battus.

Quant à la voie professionnelle, elle impose de se spécialiser très tôt. Le choix dépend néanmoins des résultats obtenus (certains secteurs sont très sélectifs) et ne rime pas avec fin d’études. Il reste possible d’aller au-delà du CAP/BEP, en préparant un autre diplôme professionnel spécialisé ou un bac soit professionnel soit technologique. Par la suite, un BTS est toujours envisageable. Chaque domaine autorise finalement un élargissement des compétences et une élévation du niveau de qualification: plus les élèves des lycées professionnels poursuivent leurs études, plus ils deviennent polyvalents.

Des résultats scolaires qui comptent

Méfiez-vous de ce schéma caricatural: les mauvais élèves sont destinés à la voie professionnelle tandis que les bons vont en voie générale. Le problème est beaucoup plus complexe! Il intègre des critères tels que l’envie et le travail scolaire de l’enfant, les avis des enseignants, la réputation des filières, la volonté des parents… Ces derniers portent une grande part de responsabilité au moment de l’orientation. Ils veulent le meilleur pour leur progéniture, ce qui est légitime. Mais pourquoi la pousser coûte que coûte dans une voie qu’elle n’apprécie pas, dans laquelle il est couru d’avance qu’elle va « lamentablement se planter »? Pourquoi vouloir absolument qu’elle s’engage dans une série scientifique alors qu’un professeur particulier est déjà obligé d’intervenir deux fois par semaine pour assurer une moyenne de 12 en troisième ? Comme les exigences sont beaucoup plus élevées au lycée, cette note se transformera en 5 malgré 6 heures hebdomadaires de soutien!

Rappelez-vous qu’il ne faut pas se décider pour une voie simplement parce qu’elle est prestigieuse ou « à la mode ». Elle doit correspondre à ce que votre enfant veut faire et à ce dont il est capable. Ne lui imaginez pas un parcours scolaire selon vos ambitions, vos espérances. Adaptez-le à ses possibilités et à sa volonté à lui.

Réfléchissez-y régulièrement de façon à répondre aux enseignants lorsqu’ils prendront connaissance de vos souhaits en matière d’orientation. Vous aurez à vous prononcer en février d’abord, en avril-mai ensuite… À ces occasions, le conseil de classe examinera tant les résultats scolaires de votre rejeton que vos « vœux ». Si les premiers paraissent cohérents avec les seconds, vous ne vous heurterez à aucun obstacle. Dans le cas contraire, le professeur principal et/ou le chef d’établissement vous proposeront de les rencontrer pour discuter d’un projet plus adapté. Souvenez-vous quand même que le conseil de classe n’a qu’un pouvoir limité. Une fois la décision d’orientation prise (pour laquelle vous pouvez faire appel), les dossiers sont étudiés par la commission d’affectation dont tout dépend. Car si le conseil de classe a orienté un élève vers une voie ou un diplôme, encore faut-il lui trouver un établissement! La commission d’affectation se montre particulièrement attentive aux résultats obtenus dans les matières principales. Une moyenne de ces dernières est élaborée et les chefs d’établissement s’y attardent pour choisir leurs futurs élèves. Cette démarche est valable tant pour les lycées généraux et technologiques que pour l’entrée en CAP ou en BEP. Selon la spécialité et le nombre de demandes formulées, les établissements peuvent se permettre de « choisir » (eux aussi) leurs candidats en se fondant surtout sur les résultats obtenus en mathématiques et en français. Il existe donc bien une sélection en voie professionnelle. Certaines sections accueillent les meilleurs élèves, d’autres le tout-venant. Il est indéniable que les collégiens présentant un dossier « pitoyable » auront bien du mal à se faire accepter dans une spécialité (qui ne sera pas forcément celle réclamée). De surcroît, rien ne leur garantit qu’ils obtiendront l’établissement demandé ni une école proche de chez eux.

Il est donc clair qu’il faut un bon dossier pour intégrer le CAP ou le BEP de ses rêves. Par ailleurs, si votre enfant ne semble pas fait pour l’enseignement général ou technologique, lancez-vous dans la recherche d’un diplôme professionnel qui sorte de l’ordinaire et qui lui plaise. Ne vous précipitez pas sur les diplômes « bateaux » tels que bureautique pour les filles (les débouchés sont inexistants) ou vente (les postes de commerciaux ou de responsables de magasins ne sont accessibles qu’à partir de bac + 2). Pensez plutôt aux métiers artisanaux (plomberie, peinture, maçonnerie, électricité…) et aux métiers d’art.

Ces formations offrent de réelles opportunités à ceux qui veulent entrer dans la vie active sans pour autant renoncer à poursuivre des études vers un bac (technologique ou professionnel), un BTS, un DMA…

Eh oui, en troisième, il ne suffit pas de choisir la classe que votre enfant vise pour l’an prochain. Il convient de réfléchir bien au-delà. Vous avez largement de quoi remplir vos longues soirées d’hiver!

En partenariat avec lalettredesparents.com



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