2006 débute malheureusement par de belles complications en ce qui vous concerne: votre propriétaire vient de résilier votre bail, vous êtes subitement muté dans une autre ville ou à l’étranger, vos aînés ont été rackettés dans la cour de récréation, votre petit dernier subit les brimades d’un enseignant cruel… De telles situations ne vous laissent guère le choix. Que vous y soyez contraint à cause d’un déménagement ou de problèmes scolaires récurrents, vous devez très vite trouver une autre école.
La gageure se révèle de taille lorsque l’année scolaire est largement entamée. La plupart des établissements sont complets, certaines options n’existent pas partout, le rectorat vous renvoie vers un lycée paradoxalement plus éloigné de la maison que celui dont vous venez… Déjà étouffé par moult cartons et autres soucis pratiques, vous ne savez que faire. Qui prévenir? Comment gérer les différences entre public, privé sous contrat et privé hors contrat? Quels arguments invoquer? La réinscription sera-t-elle automatique ? Quelles conséquences pour vos rejetons? (…).
Raisons et circonstances
Gare à vous si vous êtes de ces « consommateurs » d’école qui claquent la porte au rythme de leurs petites contrariétés, incompatibilités d’humeur ou caprices de passage malgré des moyennes catastrophiques! Certes les structures ne manquent pas et vous êtes libre de scolariser vos enfants où bon vous semble. À condition bien sûr de vous tourner vers le privé, ce qui ne va pas sans risque. Une scolarité morcelée à outrance peut perturber les jeunes tant scolairement que socialement: ils n’ont guère l’occasion de fidéliser un groupe d’amis, ils «loupent» des notions ou étudient plusieurs fois les mêmes. De plus, la souplesse d’accueil du hors contrat a un prix conséquent (1000 à 3000 euros par trimestre) et rien ne vous garantit que l’école applique les programmes officiels ni qu’elle ne va pas fermer brusquement par exemple. En outre, les élèves souhaitant rejoindre le public ou le sous contrat passeront obligatoirement des tests de niveau. À charge pour vous de téléphoner directement aux établissements et de vous déplacer pour convaincre les équipes éducatives.
Les choses vous paraîtront moins complexes si vous restez dans le giron de l’Éducation nationale. Les « transferts » ne nécessitent que le remplissage, en temps et en heure, de quelques formulaires fournis par les secrétariats. Vous aurez en revanche à respecter la sectorisation qui vous dirigera vers l’établissement dont dépend votre domicile. Soyez vigilant à ce sujet. Renseignez-vous au préalable. Souvenez-vous que tous les villages n’ont pas forcément leur propre école. Calculez les trajets. Vérifiez que les langues et filières proposées correspondent à celles de votre enfant. Ne vous laissez pas influencer par la réputation des collèges des grandes villes. Si vraiment il semble plus indiqué pour le bien être de votre rejeton qu’il termine là où il est ou qu’il intègre un lycée en dehors de son secteur à cause de sa série du baccalauréat, négociez une dérogation.
Considérée comme temporaire (valable jusque juin) et justifiée par l’urgence du moment, vous avez de grandes chances de l’obtenir. Cela signifie bien entendu que vous devrez vous organiser pour la rentrée prochaine, soit en acceptant l’inscription dans le secteur, soit en réitérant votre demande de dérogation ou en vous tournant vers le privé.
De toute façon, quel que soit le statut de l’établissement, enseignants et directeurs se méfient des dossiers affichant d’incessantes allées et venues. Ils rechignent généralement à modifier la composition des classes en laissant partir ou en recevant un élève alors que l’année n’est pas achevée. Ils ne « cèdent » que dans 3 cas de force majeure:
1°) un déménagement,
2°) une longue maladie (pour se rapprocher du lieu de traitement ou faciliter l’hébergement),
3°) un traumatisme avéré (agressions, violences, racket) ayant des effets néfastes sur la santé (dépression), les résultats scolaires (chute des notes), le comportement…
Démarches en cas de déménagement
Maternelle et élémentaire
Premièrement, vous ne pouvez solliciter une inscription dans un autre établissement que si vous possédez un >certificat de radiation
Deuxièmement, pour obtenir un certificat d’inscription dans la nouvelle école dont vous dépendez, présentez-vous au bureau des écoles de la mairie de votre nouvelle commune de résidence, muni des pièces suivantes:
- livret de famille et carte d’identité,
- deux justificatifs de domicile (votre titre de propriété ou votre contrat de location, une quittance de loyer ou d’allocation, une facture EDF ou Télécom),
- le carnet de vaccination de votre enfant,
- éventuellement un certificat médical.
Troisièmement, prenez un rendez-vous avec le directeur de la nouvelle école afin qu’il enregistre définitivement l’inscription. Pour ce faire, vous devrez lui amener non seulement les pièces évoquées ci-dessus mais aussi les deux certificats (de radiation, d’inscription) ainsi que le dernier bulletin scolaire de votre enfant.
Secondaire
Contactez le service de scolarité du rectorat de l’académie de votre domicile. Les formalités et les papiers à fournir varient quelque peu selon que vous changez ou pas d’académie. D’ordinaire, le processus ressemble à celui du primaire: édition des certificats de radiation et d’inscription puis enregistrement par le nouveau collège ou le nouveau lycée.
Sachez au demeurant que « l’inscription de votre enfant dans un nouvel établissement dépend uniquement de la décision de passage en classe supérieure ou de redoublement prise par le conseil de classe » (1). En clair, n’espérez pas échapper à des orientations qui ne vous conviennent pas en déménageant!
Concernant les conditions et modalités d’inscription relatives aux épreuves anticipées et aux TPE du baccalauréat, informez-vous auprès du proviseur de votre nouveau lycée.
Supérieur
Tout est question de places restantes, de cursus, de procédures et de règlements. Selon la qualification (institut public, école privée, faculté, prépa…), les domaines de formation et les départements universitaires, il existe des possibilités de changement. Elles sont toutefois fort rares. C’est aux étudiants de s’informer directement auprès de leur secrétariat. À eux encore de se justifier en apportant des arguments de poids (UE indisponible, transfert du directeur de recherche, stage professionnel dans une autre région…) et de retirer les dossiers auprès de la nouvelle structure. Mieux vaut attendre les fins de semestre et l’issue des concours ou examens.
Le cas de l’étranger
Si vous quittez la France, orientez-vous vers un établissement appartenant au réseau d’enseignement français à l’étranger (2). Vous aurez la garantie du respect des programmes, de la qualité des cours (excellents taux de réussite) et de la validation des études par l’Éducation nationale. Contrôlez la localisation, les niveaux, les séries du bac, les langues, le profil (convention AEFE, accord international, lycée binational), le coût (car la scolarité à l’étranger est payante). Après un entretien téléphonique ou un échange de courrier avec le responsable local qui vous dira si une place est disponible pour votre enfant, agissez comme pour un déménagement hexagonal: certificat de radiation, certificat d’inscription, enregistrement. Idem dans le sens inverse, si vous revenez d’un pays étranger et que votre progéniture fréquentait une école du réseau français.
Lorsque vous arrivez en France avec un enfant n’ayant jamais été scolarisé dans un établissement français à l’étranger, voyez avec:
- la mairie de votre commune et l’inspection académique pour le primaire,
- le rectorat et le secrétariat du CIO (centre d’information et d’orientation) de votre domicile pour le secondaire,
- le secrétariat de l’UFR universitaire ou le bureau des études pour le supérieur.
Démarches en cas de traumatisme ou de maladie
Elles sont les mêmes que pour un déménagement, une fois la « demande exceptionnelle de changement d’établissement » acceptée. C’est la partie la plus délicate de l’opération.
Au départ, les professeurs et les directeurs sont consultés. Il faut aussi que les personnels du nouvel établissement aient donné leur aval. Puis, l’inspecteur ou le recteur, seuls juges en la matière, tranchent non sans vous avoir réclamé de prouver le bien-fondé de votre décision. Vous avez intérêt à présenter des certificats médicaux, expertises, attestations en bonne et due forme.
Et soyez patient. Vous attendrez souvent longtemps (entre 3 semaines et 3 mois en moyenne) avant d’obtenir une réponse!
En définitive, il n’est jamais simple et rarement souhaitable pour l’équilibre des enfants de changer d’école. Surtout quand ils ne le veulent pas. Efforcez-vous alors de les rassurer, de les préparez psychologiquement, de leur démontrer les aspects positifs de l’évolution. Emmenez les plus petits visiter les nouveaux locaux, invitez leurs copains pour un goûter « d’adieu », essayez d’adoucir la rupture en partant pendant les petites vacances ou un week-end plutôt qu’en milieu de semaine. Discutez avec les plus grands, notamment si votre départ est lié à des problèmes familiaux (déménagement à cause d’un divorce, d’un deuil, du chômage). Poussez-les à maintenir un lien avec leurs anciens camarades tout en recherchant d’autres amitiés. Convainquez-les de s’impliquer dans leur travail scolaire pour mieux « repartir de zéro » et tourner la page au besoin.
Ne les encouragez pas à contourner les obstacles en leur offrant la possibilité d’aller voir ailleurs au prétexte qu’ici la maîtresse est méchante, les devoirs trop difficiles, l’ambiance nulle. Apprenez-leur tant à s’adapter aux changements qu’à persévérer: en commençant dès l’école, ils finiront bien armés dans la vie!
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(1) Ministère de l’Éducation nationale, 110, rue de Grenelle, 75357 Paris SP 07, 01 55 55 10 10.
(2) Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), 57, boulevard des Invalides, 75700 Paris SP 07, 01 53 69 30 90.
En partenariat avec lalettredesparents.com.