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La motivation, ça se travaille (mai 2006 ) Imprimer
 

On se plaint que les enfants :
- ne savent pas ce qu’ils veulent faire,
- ne font pas d’effort,
- attendent que cela leur tombe tout cuit dans l’assiette.

Nous y sommes tous certainement pour quelque chose : parents, système éducatif, société… Le goût de l’effort n’est pas inné ; il s’apprend, se travaille.
Avant l’adolescence, il faut que l’enfant ait compris certains principes, que l’adulte lui ait appris à faire des efforts et quel en est l’intérêt.

Différencier le plaisir de la réalité

Un enfant vit dans le principe du plaisir immédiat : il veut quelque chose, il l’obtient. Or, dans la vie, cela ne fonctionne pas comme ça : malgré le temps, il y a des choses que l’on n’obtiendra jamais.

Mais beaucoup d’adolescents, en manque de repères, n’ont pas compris cette réalité et continuent de vivre en ne recherchant que le plaisir.
L’éducation donnée aux enfants depuis quelques générations et dans certains milieux évite toute confrontation avec la réalité. Les parents fournissent le plaisir aux jeunes : ils veulent une glace juste avant le repas, des vêtements de marque, une télévision dans leur chambre… qu’à cela ne tienne, ils l’obtiennent. Ils ne veulent pas faire leur lit, ranger leur chambre. Tant pis : on le fait à leur place. Ils ont beaucoup de devoirs : on va voir l’enseignant pour qu’il en donne moins, ou pire, on demande à un étudiant de venir les faire pour eux.

Il est plus facile de tout leur donner, d’acheter ce qui leur plaît... que de les contredire ou de leur répéter sans cesse de ranger leurs affaires. Cela évite les crises.

Pour le travail scolaire, c’est parfois pareil : on limite les exercices, les contrôles, l’apprentissage par cœur.… parce que cela demande des efforts, du travail.

C’est ainsi que certains enfants arrivent à l’adolescence sans jamais avoir essuyé le moindre refus et supportent très mal que quelqu’un s’oppose à eux. L’adolescence n’étant pas la meilleure période pour commencer à intégrer les lois, les règles, il faut qu’elles soient acquises avant, lors de l’enfance.

Ce problème ne s’explique pas toujours par un manque d’autorité parentale (parce qu’il y a eu un divorce, parce qu’un tel a toujours été jaloux de son frère…). Mais la vie conduit les parents à protéger, surprotéger leurs enfants. Ces petites erreurs qui passent inaperçues au départ font des dégâts plus importants à la période de l’adolescence.

D’autres enfants en revanche ont appris à se débrouiller seuls et parfois même à assumer leurs frères et sœurs, voire leurs parents. L’effort, le travail, ils connaissent quand, en plus de leurs devoirs, ils gèrent ceux de la fratrie, les courses, les repas.

Sans tomber dans les excès, il y a moyen d’inculquer aux jeunes le goût de l’effort sans leur imposer de devenir des adultes avant l’heure.

Les laisser faire

Dès son plus jeune âge, un enfant doit apprendre à faire seul des gestes simples : s’habiller, lacer ses chaussures ; tant pis si ce n’est pas parfait, si cela prend du temps. Plus grand, il doit être capable de ranger sa chambre, ranger son linge, voire même le repasser, gérer ses devoirs… et respecter des règles de vie en société.
Ne le disqualifiez pas d’office : « Laisse, tu vas te faire mal », ou plus tard : « Tu n’es pas bon en français ». En faisant tout à sa place, on induit une incapacité de l’enfant. En prenant les choses en mains, les parents déchargent de toute responsabilité l’enfant et détruisent toute velléité de faire des efforts. Et, en lui donnant une bonne raison pour ses mauvais résultats, il en déduit qu’il n’y a rien à faire contre cet état de fait. Rien que cela peut le conduire à l’échec.

Les préparer à l’âge adulte

En tant qu’enfant, il a des droits et des devoirs, comme tout être humain, avec tout de même un statut particulier puisqu’il reste sous la protection de l’adulte. Cette protection lui permet de se consacrer à ses études, à sa vie, sans angoisse, sans peur de voir son monde s’effondrer. Un parent ne doit jamais perdre de vue qu’un enfant est un adulte en devenir, et qu’il est là pour le préparer à s’assumer (pas uniquement financièrement), en l’accompagnant dans sa prise d’autonomie. Il doit savoir quoi faire, comment le faire, et avoir la bonne réaction face à un problème.

L’apprentissage se fera progressivement. L’important est de lui donner des objectifs, assez faciles à atteindre au départ et plus compliqués par la suite. Il faut vaincre des résistances petit à petit.

En travaillant la motivation, le goût de l’effort, on l’amènera à se projeter dans l’avenir, en imaginant le plaisir que cela procure de réussir. Ne sachant pas au départ qu’il en était capable, il découvre avec une grande joie que, finalement, il en a les capacités. Cela l’aidera à prendre confiance en lui. Et d’ailleurs, le plaisir est en rapport avec l’effort pour résoudre le problème. Voilà qui demande un investissement de la part de l’adulte (parent, enseignant…) et du temps. Il faut au départ l’accompagner dans sa démarche, lui montrer, l’encourager… et le féliciter.
Valoriser l’enfant, l’aider à réussir par lui-même est le travail de l’adulte. L’enfant apprendra, quant à lui, à fournir des efforts à force d’encouragements, de compliments. Il se sentira plus grand, plus autonome et important aux yeux de ses parents, de son enseignant. Il sera alors prêt à affronter la vie et donc à se projeter dans l’avenir, faire des projets.

En partenariat avec lalettredesparents.com



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