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Quelles activités extrascolaires pour la rentrée ? (septembre 2006 ) Imprimer
 

Aujourd’hui, d’après une enquête de la DEP – direction de l’évaluation et de la prospective, 9 écoliers sur 10 âgés de 7 à 11 ans pratiquent un loisir en dehors de l’école: 54 % sont inscrits dans un club sportif, 21 % dans un conservatoire de musique ou de danse, 7 % dans un atelier de peinture ou de sculpture.

Une majorité de parents considèrent en effet que proposer (ou imposer parfois) une voire deux activités extrascolaires à leurs rejetons – qu’il s’agisse de tennis, de piano, de dessin, de football, de poterie… – relève de leur responsabilité. Car un enfant « bien élevé », donc bien armé pour le futur:
- se tient correctement en société,
- se situe, sinon parmi les premiers de la classe, du moins dans la moyenne,
- s’épanouit physiquement, artistiquement et intellectuellement, bref « exploite sa créativité ».

Le pour et le contre
Bien sûr, il n’est pas nécessaire de fréquenter une fédération ou un institut hors de prix pour frapper dans un ballon, peindre des fresques, souffler dans une trompette, se déhancher en rythme…

Beaucoup de jeunes préfèrent improviser et se satisfont de la libre intimité de leur chambre, du jardin ou du garage pour s’exprimer. D’ailleurs, ils ont déjà assez à faire avec les cours et les devoirs. Des séances de gymnastique, d’arts plastiques, de musique et d’informatique ne sont-elles pas inscrites dans les programmes du primaire? Pourquoi en rajouter au risque de les abrutir? Plus que « l’optimisation » de leur potentiel ou de leur talent, l’ennui, la rêverie, le jeu représentent des éléments essentiels de la construction de leur personnalité. Laissons-les vivre tranquillement leur enfance! Il est vrai que certains abusent. Les foudres des psychologues et des enseignants s’abattent désormais sur ces « parents-taxis » qui passent leurs soirées et week-ends à véhiculer leur progéniture du stade à la piscine, du vélodrome à la patinoire, de la chorale au cheval… moins pour lui faire plaisir que pour s’enorgueillir de ses performances ou assouvir d’anciennes frustrations personnelles.
Sans tomber dans cette dérive, il convient de reconnaître cependant que quelques bambins ont besoin d’un petit coup de pouce – éventuellement de pied – pour que leur horizon culturel ou sportif ne se réduise pas à la seule télévision. Et il serait dommage de ne pas profiter d’une offre:

- quasi pléthorique, de l’enluminure au karaté en passant par l’aviron, le cirque, la photographie, le mime ou les langues,
- relativement abordable, par le biais des centres culturels municipaux, des associations de quartier et des MJC (maisons des jeunes et de la culture) où l’adhésion mensuelle ne dépasse pas les 25 euros,
- toujours utile puisque la danse galbe joliment les mollets, la natation soulage l’asthme, le basket améliore la souplesse, le judo développe la confiance en soi, le théâtre aide à surmonter sa timidité…

Les bonnes raisons et la bonne démarche
Les activités extrascolaires constituent un atout indéniable pour les enfants. En multipliant les expériences, elles leur permettent de rencontrer des camarades en dehors du cercle scolaire, de dépenser leur énergie, d’apprendre dans des conditions différentes. Elles apportent même davantage selon les caractères, les profils et les sensibilités.

Un pré-adolescent complexé par son embonpoint va mieux assumer son corps en s’adonnant au hip-hop, une gamine à la traîne en classe se sentira valorisée par l’obtention de médailles en triathlon, un garnement agité sera canalisé par son entraîneur et son équipe de hand- ball, une insatiable curieuse aura sa place au sein d’un labo scientifique junior… Comme quoi, les loisirs détiennent un pouvoir « curatif » (les médecins en recommandent quelques-uns pour corriger des défauts physiques ou des troubles comportementaux) qui peut aussi guider le choix des familles.

Mais ils se révèlent formateurs sous réserve que les principaux intéressés soient d’accord pour participer. Pas la peine de forcer un jeune qui n’a pas envie. Il ira de mauvaise grâce et, ce qui était censé être un délassement ou une joie deviendra une corvée, une source de stress. D’où l’importance de dialoguer avec lui, de l’interroger sur ses désirs, ses passions. Pourquoi ne pas feuilleter les brochures d’adhésion disponibles dans les mairies, visiter les sites internet des fédérations, assister aux représentations ou démonstrations de fin d’année des divers clubs municipaux, se rendre sur les stands que les associations animent début septembre dans les écoles ou les allées des centres commerciaux des grandes agglomérations?
Il est même conseillé de profiter des séances d’essai (soit gratuites, soit à prix réduit: entre 5 et 10 euros de l’heure) ou d’initiation (pratique de trois instruments pendant un mois par exemple) que les organismes accordent avant les inscriptions définitives.

À charge aussi pour les parents de relativiser. L’image traditionnelle de la fillette ballerine aérienne ou du garçonnet judoka émérite relève du mythe de l’enfant parfait qui, une fois pour toutes, n’existe pas. Beaucoup se « sur-investissent », à la recherche d’un idéal, oubliant que c’est leur rejeton qui est concerné, pas eux. Ce n’est pas parce qu’ils n’ont jamais pu jouer au rugby étant petits ou qu’ils rêvent d’avoir engendré une graine de virtuose du violon qu’ils doivent pousser à la performance et au culte de la victoire à tout prix. Qu’ils gardent en tête que l’objectif visé reste l’amusement et qu’il n’est rien de pire qu’un loisir qui tourne à l’obsession, au cauchemar. De toute façon, si leur champion en herbe possède réellement des capacités hors normes, son professeur ou instructeur sera le premier à le dire et à plaider pour l’intégration d’une CHAM/CHAD (classe à horaires aménagés musique/danse), d’une section sportive, d’un établissement spécialisé. En attendant, tant pis si son équipe perd tous ses matchs, qu’il ne ramène aucun trophée, qu’il se fiche de son classement… Du moment qu’un jeune « s’éclate », ses parents ne peuvent que se réjouir.

Un plaisir, des contraintes
Pas de pression donc sur les activités extrascolaires, y compris pour les enfants dont il faut surveiller l’implication et anticiper les déceptions.

Certains se lancent avec excès dans le sport ou la musique, persuadés qu’ils vont remporter des victoires (« fantasme » Coupe du monde ) ou interpréter des symphonies au bout de deux séances. Les jeunes ne mesurent pas toujours les efforts à fournir ni le travail supplémentaire induit: chorégraphies à mémoriser par cœur, entraînements rébarbatifs, horaires et règles à respecter, leçons de solfège, grasses matinées du dimanche remplacées par des tournois…
Sans parler de la fatigue, des éventuelles blessures, des éliminations. Voilà comment les abandons en cours d’année sont légion parmi ceux qui s’engagent à la légère! Ici encore, les parents veilleront à expliquer la réalité des choses et évoqueront, sans tabou, les problèmes:
- on est raisonnable et on ne réclame pas l’impossible,
- quand on a commencé de plein gré, on va jusqu’au bout et on termine la session,
- cela coûte de l’argent, alors on réfléchit bien et on ne change pas d’avis sans cesse,
- on gère correctement son temps, sachant que l’école et les devoirs demeurent une priorité,
- chaque médaille a son revers et même un loisir impose quelques légers sacrifices.

Il arrive néanmoins que les enfants se lassent, souhaitent évoluer pour vivre de nouvelles aventures. Rien de plus normal puisqu’ils grandissent et mûrissent. Relativement dociles jusque 12-13 ans, ils expriment à partir de cet âge d’autres envies, ont tendance à rejeter les habitudes prises, veulent signifier leur indépendance ou manifestent (sans l’avouer franchement) des difficultés à concilier loisirs et études. Des pratiques jusque-là adulées sont soudain détestées. Le conservatoire paraît trop « scolaire », la prof de danse trop « rigide », la GRS (gymnastique rythmique et sportive) « ringarde ». Dans de telles circonstances, pour éviter que leur progéniture ne laisse tomber brutalement, les parents se garderont tant de montrer une intransigeance bornée que d’accepter l’oisiveté intégrale. Ils l’encourageront plutôt à aller voir ailleurs, quitte à sortir des sentiers battus, suggérant des solutions de rechange: « Marre du classique? Vive le modern jazz! », « Fatigué de la clarinette? Le saxophone n’est-il pas à la mode? », « Réfractaire aux règlements du club? Une heure hebdomadaire de basket avec les copains fera l’affaire »…
L’essentiel est de rester actif en dehors du cocon familial.

À chaque structure son tarif
Contrairement aux idées reçues, les occupations extrascolaires ne sont ni ruineuses (moins qu’un grand écran plat, un iPod, une console ou un téléphone portable), ni réservées aux milieux aisés.

Certes, tout dépend des activités et des achats induits: 2000 euros à l’acquisition ou 145 euros par mois à la location d’un piano, 40 euros pour une panoplie (chaussures, protège-tibias, short) 1er prix de footballeur (200 euros avec des accessoires de marque), 50 euros pour une paire de pointes… Mais c’est la nature de l’encadrement qui pèse le plus lourd, d’autant que l’inscription mensuelle, trimestrielle ou annuelle se règle d’avance dès septembre, parallèlement aux autres frais de rentrée (fournitures scolaires, impôts, factures).

Les cours privés demeurent les plus onéreux: 20 à 30 euros l’heure de pratique instrumentale en cours particulier, 180 euros le trimestre de danse classique, 600 euros l’année pour des cours d’anglais en petits groupes. Il convient de se renseigner au préalable sur les enseignements, les qualifications des intervenants, les conditions d’adhésion. Les parents se tourneront de préférence vers des organismes nantis d’un numéro d’agrément ministériel (Culture ou Jeunesse et Sports). Il oblige les gérants à se conformer aux normes en vigueur exigeant des professeurs diplômés d’État et des locaux sécurisés. Il prévient aussi les risques de dérives sectaires car certaines sectes recrutent leurs adeptes sous couvert de dispenser des cours de langue, d’expression corporelle…

Dans les clubs sportifs affiliés à la fédération française correspondante, la cotisation est comprise entre 50 et 400 euros par an. Un tel écart se justifie en fonction de l’âge, de la fréquence des entraînements, des recours aux prestations disponibles (séances particulières, stage de vacances, réservation d’une salle ou d’un terrain…). S’ajoute à cette somme le montant de la licence (11 euros pour les moins de 18 ans à la fédération française de tennis). Outre la surveillance des bassins et les leçons individuelles ou collectives de brasse, les maîtres-nageurs des piscines municipales assurent des cours de plongée, de natation synchronisée, d’aquagym, de water-polo. Une carte annuelle du « Club des nageurs » coûte en moyenne 100 à 150 euros et des réductions sont accessibles via les services sociaux de la mairie.

Les centres d’animation socioculturelle ouverts à tous et les MJC accueillent les enfants à partir de 4 ans dans une atmosphère très conviviale. Durant la période scolaire, ils proposent de nombreuses activités (d’une qualité très honorable, ne méritant pas l’injuste mépris dont elles sont régulièrement victimes), intégrées dans un planning établi à la rentrée: informatique le mardi de 17 h 30 à 18 h 30, atelier lecture le mercredi de 14 h à 15h, djembé le samedi de 10 h à 11 h 30… Pendant les congés, quelques-uns se transforment en centres aérés ou mini-colonies thématiques (« un été au cirque », « les arts au soleil »…). Les participants sont répartis par tranche d’âge, ont la possibilité de changer d’atelier et trouvent une forte motivation dans la préparation d’un grand spectacle de fin de saison. L’abonnement, payable au trimestre, ne dépasse pas les 200 euros pour un enfant inscrit à un cours puis est dégressif pour les autres activités et ses frères ou sœurs, avec aussi des aides et exonérations en fonction des revenus de la famille. Attention: des municipalités, dont Paris, ont annoncé une hausse des tarifs et un changement des modalités forfaitaires pour 2006-2007.

Dans le même esprit, chaque mercredi de 8 h 30 à 18 h, des écoles primaires se transforment en centres de loisirs. Sans rien débourser au mieux ou pour une centaine d’euros au pire, les parents y déposent leurs rejetons écoliers qui bénéficient alors de l’attention d’animateurs les initiant à la peinture, au roller, au volley-ball, aux échecs… Les collégiens et lycéens pour leur part peuvent adhérer à la section UNSS (Union nationale du sport scolaire) de leur établissement. Sous la houlette des professeurs d’éducation physique, ils participeront ainsi à des matchs, des compétitions et diverses manifestations « périscolaires » contre un versement moyen de 25-30 euros. Près de 860000 adolescents en profitent actuellement.

Quant aux cours des conservatoires municipaux de musique et de danse, très prisés, ils reviennent à moins de 100 euros par an juste pour le solfège et s’élèvent à environ 300 euros en incluant l’instrument et la chorale. L’ambiance y est très studieuse (notes, contrôles réguliers, examens de passage pour accéder au niveau supérieur) et ne convient pas à tous les enfants.

Bien choisir
Comment faire le tri parmi ces opportunités presque infinies? Il faut se fonder sur 4 critères:
1° les horaires: on évitera de terminer tard le soir les veilles de classe, préférant le mercredi après-midi et le week-end,
2° les facilités d’accès: on optera pour les structures proches du domicile de manière à limiter les trajets et autoriser les « grands » à se déplacer en autonomie,
3° les prix: on « n’explosera » pas son budget pour satisfaire des caprices futiles (accessoires et tenues d’occasion),
4° les résultats attendus : on respectera la demande et les besoins des enfants: aux introvertis les sports collectifs ou le théâtre, aux solitaires un peu stressés le tir à l’arc, l’athlétisme, l’escrime ou la pratique instrumentale, aux hyperactifs le ping-pong ou la natation, aux accros des images la photographie ou la vidéo…
Le plus dur est maintenant de trouver une place: la plupart des conservatoires affichent malheureusement complets depuis juin et les associations seront prises d’assaut en septembre. En outre, un parent qui renonce à une inscription en club pour initier en personne son enfant aux courses de vélo, au crawl, à l’escalade ou à la pétanque, n’est pas un parent indigne. Au contraire puisqu’il se consacre à sa progéniture et donne le bon exemple en s’activant lui aussi!

Où se renseigner ?
- à l’ OMS (Office municipal des sports) de la mairie du domicile pour obtenir la liste des centres d’animation municipaux ainsi que les coordonnées des clubs de loisirs de la commune.
- auprès de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) et de la DRJS (Direction régionale de la jeunesse et des sports) pour connaître les associations culturelles et fédérations sportives agréés : listes disponibles sur www.culture.gouv.fr et www.jeunesse-sports.gouv.fr
- sur le site de l’ UNSS (Union nationale du sport scolaire), www.unss.org

En partenariat avec lalettredesparents.com



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