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Continuité de la langue vivante entre primaire et secondaire ? (janvier 2007 ) Imprimer
 

Mon fils Quentin commencera l’apprentissage d’une langue l’an prochain. Or, son école élémentaire ne propose que l’allemand. Je souhaiterais néanmoins qu’il fasse de l’anglais, d’autant que le bruit court que les enfants seront obligés de garder leur langue du primaire en sixième. Est-ce que c’est vrai?

Deux problèmes sont soulevés ici: le choix de la langue vivante en primaire puis son suivi au collège. En primaire, l’élève n’a pas forcément le choix de l’idiome étranger qu’il va pratiquer. Celui-ci dépend entièrement des compétences des maîtres de l’école et de la politique de l’inspection académique. Les instituteurs sont de plus en plus sollicités pour dispenser cet enseignement. À cet effet, les futurs professeurs des écoles subissent des épreuves de langues vivantes à l’occasion du concours de recrutement tandis que les titulaires déjà en poste bénéficient d’une formation continue. Cela simplifie l’organisation des cours (moindre recours à des intervenants extérieurs) et aide à la généralisation de l’apprentissage des langues (normalement) obligatoire depuis une dizaine d’années en primaire.
Mais tous les enseignants n’étant pas aptes en la matière, diverses solutions ont été développées:

- embauche de locuteurs natifs de pays étrangers (notamment les étudiants venus faire leurs études en France),

- mise à contribution d’un enseignant du groupe scolaire pendant que ses collègues s’occupent de sa classe,

- appel à des professeurs de langue du secondaire à donner des cours en primaire pour faire connaître leur langue et compléter leur emploi du temps.

Ces alternatives ont d’ailleurs permis de diversifier les idiomes pratiqués dans la mesure où les enseignants de langues « rares » (comprenez autres que l’anglais) sont plus volontaires que les professeurs de la langue de Shakespeare. Il est vrai que ces derniers ont déjà suffisamment d’heures et d’élèves à leur actif.

Les premiers au contraire ont besoin d’étoffer leurs plannings et de convaincre les jeunes de continuer au collège pour remplir leurs classes. La question de la désaffection de certaines langues, notamment l’allemand, se pose également.
Pour l’éviter, certains rectorats ont mis en place des cours d’allemand dès le primaire pour inciter les enfants à poursuivre son étude par la suite.

Normalement, si une langue est commencée en primaire, la sagesse voudrait que l’élève puisse approfondir son apprentissage tout au long de son cursus, de façon à assurer la continuité des enseignements. Comment un enfant pourrait-il progresser dans une langue s’il en change tous les ans?

Reste que les familles ne peuvent pas toujours choisir et qu’elles ont le droit de souhaiter changer de langue en sixième.

C’est donc pour garantir cette liberté que le projet d’imposer la langue du primaire comme LV1 (langue vivante 1) en sixième a été abandonné.
Ainsi, le choix reste possible au collège et un enfant qui a suivi un cours d’allemand en primaire pourra opter pour l’anglais en sixième.
Toutefois, les académies ne renoncent pas à leur volonté de limiter l’hégémonie de l’anglais et de maintenir les autres langues en incitant les collèges à proposer des classes de sixième bilangue. Leur principe est différent de celui des classes européennes ou internationales: pas de cours d’histoire ou de maths dans l’idiome de la section mais simplement l’étude de deux langues dès la sixième, à hauteur de 3 heures par semaine pour chacune d’elles pendant toute la durée du collège (pas de LV2 en 4e).
L’objectif est d’étudier l’indispensable anglais sans empêcher les autres langues d’exister. Il serait dommage en effet que les jeunes Français ne s’en tiennent qu’au traditionnel binôme anglais/espagnol en guise de langues étrangères!

En partenariat avec lalettredesparents.com



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